Joie !

Une annonce tardive, mais importante pour l'atelier. "Arts appliqués et cultures artistiques", manuel scolaire dont j'ai réalisé la maquette pour les éditions Casteilla, a été primé au Concours des plus beaux livres français 2009. Au regard de la sélection totale, il paraît bien simple et d'une fabrication très bon marché... J'en suis d'autant plus heureuse et fière. Le jury a compris les intentions qui ont conduit à l'élaboration de cet objet utile, vivant et sans a priori.
Un livre de design, destiné à des adolescents qui n'en ont jamais eu entre les mains, qui ne savent pas ce que c'est et qui n'en n'achèteront peut-être jamais d'autres. Il fallait donc qu'il se passe quelque chose de graphiquement fort. Que ces lycéens n'y voient ni un livre scolaire de plus, ni un faux "beau livre", mais plutôt un magazine à feuilleter avec une distinction claire cours/exercices, et une large place à l'iconographie. La typographie y est joyeuse, soignée sans devenir austère. Le résultat représente un modeste manifeste de notre conception du livre idéal : intelligent, fonctionnel et un peu bizarre...
Je réalise actuellement le deuxième tome, un an après, et c'est un vrai plaisir de façonner à nouveau cette maquette d'une grande souplesse.

Rdv Lure : la Bibliothèque typographique

Ypsilon Éditeur (maison créée en 2007) lance cet hiver une nouvelle collection, la Bibliothèque typographique; destinée à publier des monographies constituées d’essais en français et en anglais, ainsi que des rééditions et des traductions d’ouvrages inédits en français.
Une initiative éditoriale bienvenue (et attendue) dans le paysage francophone et international, avec comme ambition un contenu documenté, des analyses formelles, une iconographie riche et souvent inédite. Sébastien Morlighem, directeur de collection, animera ce 3e rendez-vous hivernal en deux parties.

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Une courte présentation de la maison d'édition et de la collection
(en présence d'Isabella Checcaglini, directrice d’Ypsilon Éditeur)
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Une présentation de l'œuvre de José Mendoza Y Almeida,
reflet de la première monographie de la collection.

"Né en 1926 à Sèvres, José Mendoza y Almeida est le dessinateur de caractères français le plus ancien toujours en activité. Il possède la particularité d’avoir publié ses principales créations
dans les plus grandes fonderies internationales. Sa longue carrière, ponctuée par de nombreux travaux de graphisme et de calligraphie pour l’édition, la publicité et la communication, l’a amené à travailler avec d’importantes figures telles que Maximilien Vox et Roger Excoffon.
Il enseigna également à l’Atelier national de création typographique au sein de l’Imprimerie nationale.
Cet ouvrage, le premier qui soit dédié à son œuvre, est composé d’une introduction de Jan Middendorp et de plusieurs essais écrits par Martin Majoor et Sébastien Morlighem, consacrés au Pascal, au Photina, à l’ITC Mendoza Roman et à d’autres créations moins connues."
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le vendredi 19 mars, à 19h
galerie Anatome, 38 rue Sedaine, Paris 11e
entrée libre

India #1 : matériel graphique

Notre semaine à Pondichéry a été l'occasion de rencontrer un peintre d'enseigne, de commander quelques /rubber stamps/, et de se procurer quelques calendriers dans les papeteries bordant le marché. Transactions explicitées en anglais de bazar, curieux briefs dans lesquels Julien a tranquillement brillé, à coups de croquis et de longs palabres. Quelques surprises à l'arrivée, heureusement...
Difficile pour des graphistes de se retenir devant l'avalanche d'images pieuses colorées, la multitude d'enseignes artisanales illustrées et les kolams fréquemment renouvelés.

Rdv Lure : François Chastanet

Deuxième rendez-vous de l'hiver, consacré à un enseignant-chercheur qui analyse depuis plusieurs années les inscriptions urbaines comme signes territoriaux dans les mégapoles (Sao Paulo, Los Angeles). Il nous présentera sa dernière recherche : un travail complet et précis (récolte, photographie, analyse esthétique et historique) autour de l'écriture Cholo, une des plus anciennes formes de graffiti au 20e siècle. Une authentique calligraphie urbaine répondant à des codes stricts, définie et utilisée par les gangs mexicano-américains de Los Angeles.

Son ouvrage ‹Cholo Writing: Latino Gang Graffiti in Los Angeles› nous fera arpenter les rues californiennes, à travers deux regards photographiques: celui d'Howard Gribble qui a relevé des graffiti de gangs latinos pendant les années 1970, et celui de François Chastanet, qui a voyagé dans les mêmes quartiers plus de trente ans après pour documenter les inscriptions actuelles.

+ une première partie surprise !
(Serge Bilous nous a donc fait la surprise et l'amitié de présenter ses photographies et collages pantinois.)

le vendredi 5 février, à 19h
galerie Anatome, 38 rue Sedaine, Paris 11e
entrée libre

in situ

Retour tardif sur le 22 décembre. Un collage s'est posé sur la vitrine, florilège de réflexions sur la ville. Ou comment vivre ensemble à Paris, à Noisiel, et ailleurs. Merci Natalia pour ce très beau cadeau qui fait s'arrêter de nombreux passants.

le 22.12


Natalia Grabundzija est scénographe, de père serbe et de mère française. Inspirée par la ville de Sarajevo, qu'elle aime et connaît bien pour y avoir séjourné à plusieurs reprises, elle construit des collages généreux et espiègles... utopiques ?
Nous vous invitons à découvrir une série d'images pétillantes à notre atelier, ainsi qu'une proposition in situ sur la vitrine.

Le mardi 22 décembre à partir de 18h30 ; au 16 rue Alexandre Dumas, 75011 Paris.
Buffet de Noël, entre Alsace et Balkans ; contributions et amis curieux bienvenus.
(merci de prévenir de votre venue, pour la fameuse estimation des vivres)

60%

Lu ce matin : "Plus de 60% des entreprises françaises n'ont jamais eu recours à un designer", selon Laurent Dutheil, directeur général du Lieu du design à Paris.
Je suis certaine que c'est plus par méconnaissance de ces professions que par réel manque de moyens. Me revient un déjeuner familial où des gens ont été étonnés (et ravis) d'apprendre l'existence du métier de graphiste. Que faire pour que ces métiers sortent des cercles de connaisseurs ? Les lieux du design qui ouvrent dans plusieurs villes en ce moment vont-ils contribuer à diffuser la réalité de ces métiers ?
Nous avons effectivement besoin d'un "lieu" où nous rencontrer pour fédérer nos professions artistiques et (très) précaires, nous former dans des pratiques dont la technologie évolue vite, mais aussi d'un lieu médiatique et pédagogique à l'attention des publics. Le public des commanditaires (ou clients, la bataille terminologique n'est pas finie) qui manque de culture artistique, parce que celle-ci n'est pas enseignée à l'école, et qui navigue à vue entre les goûts personnels et les a priori du "bon goût".
Et le public des non-commanditaires, qui ne sait pas à qui s'adresser lorsqu'il pressent avoir besoin d'une traduction formelle. Ou qui a peur.

Une grande explication est nécessaire et je crois qu'il ne faut pas craindre de faire simple.
> Comment travaille-t-on avec un designer ?
De l'élaboration de la demande (rédaction du "brief" ou de l'appel d'offre) à la validation finale, en passant par la phase d'échanges et de mises au point.
> Comment choisir un collaborateur ?
Nous avons reçu cette semaine à l'atelier une lettre : "nous nous adressons à plusieurs agences de communication pour notre carte de vœux, merci de nous proposer un projet et un devis pour le 19 novembre (soit 5 jours après). Le projet retenu sera à finaliser le 20, et à envoyer chez l'imprimeur le soir-même." Autant dire que ça ne donne pas du tout envie de participer. Pourtant, ces personnes connaissaient (et donc aimaient) notre travail puisque le courrier nous était adressé. Alors pourquoi ne pas avoir organisé plusieurs rendez-vous de prise de contact, choisi une agence, et lancé la collaboration ? Quelle idée ont-ils de notre pratique pour s'adresser ainsi à des professionnels ?!
> Quels prix sont pratiqués ?
Ceci fera l'objet d'un autre billet, la question est trop épineuse et vaste...
> Comment se développe une relation de travail dans le temps ?
Sachant que les deux parties ont à y gagner, car un climat d'estime et de confiance réciproque laisse émerger une bien meilleure qualité des projets.
> Etc. etc.